Les journées se perdent dans un infini de possibles. Les choix que l'on fait ont des suites, et peut-être plus encore ceux contre lesquels on a longtemps résisté. Certaines conséquences sont évidentes, comme le sol qui tremble sous nos pieds, mais d'autres sont si minimes qu'ont les voit à peine. Et pourtant...
Alors que le reste du monde continuait à vivre en parfaite inconscience, à boire son café, à lire les pages sportives et à passer au pressing, je me penchai vers lui et l'embrassai. Ce choix, qui allait tout changer, provoqua peut-être un léger tremblement ou une oscillation à peine perceptible, mais je ne me rendis compte de rien. Je sentis seulement qu'il m'embrassait en retour et m'attirait dans la lumière du jour tandis que je perdais pied, enivrée par son odeur, et que la Terre continuait à tourner, comme elle l'avait toujours fait.